Retraite

TNS et professions libérales : le Madelin, un atout retraite

Nathan
TNS et professions libérales : le Madelin, un atout retraite

Retraite des professions libérales : comment le Madelin et son successeur le PER compensent une pension obligatoire souvent insuffisante.

Médecin, avocat, expert-comptable, architecte, consultant indépendant : quel que soit le métier, les travailleurs non salariés et professions libérales partagent un même constat, souvent découvert trop tard, celui d'une retraite obligatoire nettement inférieure à leur niveau de vie en activité. Face à ce déficit structurel, la loi Madelin a longtemps été l'outil de référence pour se constituer un complément de revenus déductible fiscalement. Comprendre son fonctionnement, ce qui a changé depuis 2020, et pourquoi ce type d'épargne reste indispensable, permet d'aborder sa retraite avec bien plus de sérénité.

Une retraite obligatoire structurellement insuffisante

Deux étages, pilotés par la CNAVPL

Les professions libérales relèvent de la Caisse Nationale d'Assurance Vieillesse des Professions Libérales (CNAVPL), qui regroupe une dizaine de sections professionnelles (CARMF pour les médecins, CARPIMKO pour les paramédicaux, CAVEC pour les experts-comptables, CIPAV pour de nombreux consultants et professions non réglementées, CNBF pour les avocats, entre autres). La retraite se compose d'un régime de base, commun à l'ensemble des sections, et d'un régime complémentaire obligatoire (RCO), propre à chaque caisse.

Un taux de remplacement très en deçà du salariat

Selon les professions et les caisses, la pension totale représente généralement entre 30 % et 40 % du dernier revenu d'activité, contre des niveaux sensiblement plus élevés pour un salarié ayant cotisé une carrière complète au régime général et à une caisse de retraite complémentaire. Ce décalage s'explique notamment par des taux de cotisation historiquement plus faibles que ceux des salariés, rapportés à des revenus professionnels souvent irréguliers.

Des écarts importants d'une caisse à l'autre

L'architecture par points de la retraite complémentaire accentue encore ces disparités. La valeur du point, et donc le rendement des cotisations versées, varie fortement d'une section professionnelle à l'autre, ce qui rend indispensable une analyse individualisée de ses droits plutôt qu'un raisonnement générique sur "la" retraite des professions libérales.

Le rôle de l'UNAPL dans la défense des professions libérales

L'Union Nationale des Professions Libérales (UNAPL) est l'organisation représentative qui porte la voix des professions libérales auprès des pouvoirs publics, notamment sur les sujets de protection sociale et de retraite. Elle n'édicte pas elle-même de texte de loi, mais pèse activement dans les négociations sur les réformes successives du système de retraite, pour défendre les spécificités de carrières souvent marquées par des revenus variables et un démarrage d'activité tardif. C'est précisément parce que le cadre obligatoire reste perfectible que l'épargne retraite individuelle facultative, portée historiquement par la loi Madelin, a pris une telle importance pour cette population.

La loi Madelin : un dispositif fiscal pensé pour les indépendants

Le principe : cotiser pour réduire son revenu imposable aujourd'hui

Votée en 1994, la loi Madelin a permis aux travailleurs non salariés de déduire de leur revenu professionnel imposable les cotisations versées sur des contrats de retraite, de prévoyance et de complémentaire santé, à la condition de cotiser régulièrement et dans des limites fixées chaque année. L'objectif est double : inciter les indépendants à se constituer une épargne retraite qu'ils n'auraient pas nécessairement mise en place spontanément, tout en allégeant leur fiscalité pendant leurs années d'activité, souvent les plus chargées en impôt.

Les contrats existants restent pleinement valables

Un point mérite d'être clarifié, car il entretient souvent la confusion. Depuis le 1er octobre 2020, il n'est plus possible d'ouvrir un nouveau contrat de retraite Madelin, celui-ci ayant été remplacé par le Plan d'Épargne Retraite (PER) individuel issu de la loi Pacte. En revanche, tous les contrats Madelin déjà souscrits avant cette date continuent de produire leurs effets sans aucune interruption : il reste possible d'y cotiser, dans les mêmes conditions de déduction fiscale, sans obligation de les transférer vers un PER.

Pour les nouveaux entrants, le relais est pris par le PER individuel

Pour un professionnel libéral qui débute son activité aujourd'hui, c'est donc le PER individuel qui joue le rôle auparavant tenu par le Madelin, avec des plafonds de déduction identiques et une mécanique fiscale très proche à l'entrée. Les détenteurs d'un ancien contrat Madelin peuvent, eux, choisir de le conserver tel quel ou de le transférer vers un PER, notamment pour bénéficier d'une plus grande souplesse de sortie.

Combien peut-on déduire en 2026

Le plafond de déduction retraite pour un TNS correspond au plus élevé des deux montants suivants : 10 % du bénéfice imposable, majoré de 15 % sur la fraction comprise entre 1 et 8 fois le plafond annuel de la sécurité sociale (PASS, fixé à 48 060 euros en 2026), ou, à défaut, 10 % du PASS, soit un plancher de 4 806 euros. Ce plafond atteint son maximum, 88 911 euros, pour un bénéfice avoisinant 384 480 euros. Pour un revenu de 60 000 euros par exemple, le plafond déductible s'élève à environ 7 790 euros sur l'année.

Madelin ou PER : quelles différences pratiques

Caractéristique

Contrat Madelin (existant)

PER individuel

Nouvelles souscriptions

Fermées depuis le 1er octobre 2020

Seule option pour les nouveaux cotisants

Cotisations

Régulières, dans une fourchette contractuelle

Libres, sans montant minimum obligatoire

Sortie à la retraite

Rente viagère uniquement

Rente, capital, ou une combinaison des deux

Déblocage anticipé

Cas limités

Cas élargis, dont l'achat de la résidence principale

Pourquoi il est urgent d'agir tôt

Plus la mise en place d'une épargne retraite complémentaire intervient tôt dans la carrière, plus l'effort d'épargne nécessaire pour atteindre un niveau de revenu satisfaisant à la retraite reste modéré, grâce à l'effet de la capitalisation dans la durée. À l'inverse, attendre la fin de carrière pour s'en préoccuper oblige à des efforts d'épargne bien plus importants pour un résultat souvent inférieur. Compte tenu du taux de remplacement limité du régime obligatoire, un professionnel libéral qui ne complète pas sa retraite par un dispositif dédié prend le risque d'une baisse de niveau de vie significative au moment de cesser son activité.

Ce qu'il faut retenir

La retraite obligatoire des professions libérales couvre rarement plus de 30 à 40 % du dernier revenu d'activité, ce qui rend un complément individuel pratiquement indispensable. Les détenteurs d'un contrat Madelin ont tout intérêt à continuer à l'alimenter, puisqu'il conserve ses avantages fiscaux sans limite de durée. Pour les professionnels qui n'en ont pas encore, le PER individuel en reprend aujourd'hui le rôle, avec des plafonds de déduction comparables et davantage de souplesse à la sortie. Dans les deux cas, un bilan retraite personnalisé, intégrant les spécificités de sa caisse professionnelle, reste le meilleur point de départ pour dimensionner correctement cet effort d'épargne.

Nathan

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Co-Fondateur

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